House in the Woods – Low Roar
"La beauté. Dans sa forme la plus pure."
Un héritage céleste
Je ne connaissais pas Low Roar avant cet album. J'ai découvert l'histoire de ce projet et sa fin brutale, marquée par la disparition de son leader Ryan Karazija il y a trois ans (qu'il repose en paix). Intrigué par les retours et les genres annoncés, j'ai plongé dans cette écoute.
Ce fut, comme souvent avec ces découvertes instinctives, une idée brillante. House in the Woods est un album d'une lenteur aérienne, un ensemble de "chamber music" où rien n'est superficiel, rien n'est arrogant. Chaque note est là pour servir une harmonie parfaite.
La voix de l'éveil
Ce qui saisit d'emblée, c'est la voix de Ryan Karazija. Elle m'a immédiatement rappelé Sigur Rós : un falsetto pur, magnifié par des arrangements électroniques qui le font ressortir avec une puissance exceptionnelle.
L'instrumentation, quant à elle, intervient avec une précision organique. L'écouter, c'est comme regarder le soleil se lever sur une terre où la nuit a duré un peu trop longtemps. On imagine les animaux quittant leurs abris et les arbres se redressant pour accueillir la chaleur de leur ami astral, dans ce qui ressemble à un rituel religieux.
Le son de la vie et du départ
Cet album sonne comme la vie, mais aussi comme la mort. C'est à la fois l'étreinte chaleureuse d'un proche et un adieu déchirant. Un au revoir prononcé avec une larme sur la joue et ce rictus triste qui en dit long, signifiant simplement : "nous ne nous reverrons plus dans cette vie".
C'est une œuvre éthérée qui, je l'espère, trouvera le chemin de nombreuses oreilles. Elle le mérite amplement.
Note globale : 95/100
Coup de cœur : "Gone Fishing".