Hymns in Dissonance – Whitechapel
"Trois ans et demi d'attente pour une nouvelle démonstration de force : les patrons sont de retour."
La science de l'écrasement sonore
Avec Whitechapel, le risque de déception est quasi inexistant. Après une pause de plus de trois ans, les stars du deathcore reviennent avec un album qui s'ajoute fièrement à leur longue liste de réussites.
Parlons tout de suite de ce qui fait l'essence du genre : les breakdowns. Sur ce projet, ils sont d'une agressivité rare. Ce qui m'a frappé, c'est leur capacité à nous prendre par surprise, souvent sans aucune montée en puissance préalable. Et quand ils décident d'utiliser la "formule" classique du build-up, c'est pour mieux nous écraser. Ça fonctionne à chaque fois.
Entre mélodies éthérées et enfer gothique
Malgré cette lourdeur constante, le groupe parvient à glisser des parties plus accrocheuses. Des morceaux comme "The Abysmal Gospel" restent en tête grâce à un excellent travail mélodique, tant au chant qu'à la guitare.
J'ai un faible pour ces notes de guitare tenues, presque atmosphériques, qui apportent un peu d'air frais dans ce tourbillon de feu. C'est ce contraste qui donne une dimension presque éthérée à leur musique, complétée par des solos impeccables comme sur "Prisoner 666" ou "Mammoth God".
Phil Bozeman : des cordes vocales en titane
Faut-il encore présenter Phil Bozeman ? Sa performance ici est monstrueuse. Ses growls semblent sortir tout droit d'un film d'horreur gothique (pensez à Nosferatu ou au tueur en série de vos pires cauchemars).
Le point d'orgue reste "A Visceral Retch" : les bruits d'outre-tombe qu'il produit semblent venir des abysses. J'ai presque eu peur pour mes propres cordes vocales rien qu'en l'écoutant. À ce niveau-là, je suis convaincu que son larynx a évolué pour devenir du titane pur.
Un final en apothéose
L'album est parfaitement encadré : "Prisoner 666" ouvre le bal avec autorité, mais c'est le dernier titre, "Nothing Is Coming for Any of Us", qui est un véritable chef-d'œuvre. C'est le mélange parfait de tout ce qui a été exploré précédemment. Un final grandiose pour un album sans aucun "skip" (même si l'interlude me semble un peu dispensable).
Note globale : 88/100
Titres favoris : "Nothing Is Coming for Any of Us", "Hymns in Dissonance".